Immobilier : la tension locative recule pour la première fois en six ans

Immobilier : la tension locative recule pour la première fois en six ans

Immobilier : la tension locative recule pour la première fois en six ans

Sommaire

  1. Qu’est-ce que la tension locative, simplement

  2. Un indicateur en baisse pour la première fois depuis six ans

  3. Pourquoi cette détente ne vient pas de nouveaux logements

  4. Loyers : une stabilisation inédite en 2025

  5. Le rôle clé du retour à l’accession à la propriété

  6. Un marché locatif devenu très segmenté

  7. Pourquoi les petites surfaces restent sous forte pression

  8. Location meublée : devenue majoritaire en France

  9. Des écarts énormes selon les villes

  10. Ce que cela change concrètement pour un particulier qui veut investir

  11. Conclusion pédagogique

  12. FAQ – Tension locative et investissement immobilier

  13. Simuler son projet


1. Qu’est-ce que la tension locative, simplement

La tension locative est un indicateur utilisé pour évaluer la difficulté à trouver un logement à louer dans une ville, un département ou une région. C’est un outil de lecture du marché locatif, à la fois pour les locataires, les propriétaires et les futurs investisseurs.

De manière très concrète, cet indicateur compare deux éléments :

  • le nombre de personnes qui recherchent un logement à louer,

  • le nombre de logements réellement disponibles sur le marché locatif privé.

Lorsque le nombre de candidats est largement supérieur au nombre de logements proposés, on parle alors de marché tendu. À l’inverse, lorsque l’offre est suffisante pour absorber la demande, le marché est dit détendu.

Plus l’indicateur de tension locative est élevé, plus cela signifie :

  • beaucoup de candidats pour un même logement,

  • des délais de location très courts,

  • une concurrence forte entre locataires,

  • des dossiers de plus en plus sélectionnés,

  • et, le plus souvent, des loyers élevés.

Pour un locataire, une forte tension locative se traduit par des difficultés concrètes : visites groupées, refus de dossiers pourtant solides, nécessité d’élargir sa zone de recherche ou de réduire la surface souhaitée.
Pour un propriétaire bailleur, elle est généralement perçue comme rassurante, car elle limite le risque de vacance locative et sécurise la mise en location du bien.

Depuis plusieurs années, la tension locative en France suivait une trajectoire clairement ascendante. La combinaison de plusieurs facteurs expliquait cette hausse continue :

  • croissance démographique dans certaines métropoles,

  • baisse de la construction neuve,

  • durcissement des conditions d’accès au crédit,

  • retrait progressif de certains logements du parc locatif.

Ce contexte a donné l’image d’un marché durablement bloqué, où il devenait très difficile de se loger, mais où l’investissement locatif apparaissait comme relativement sécurisé.

Pour mieux comprendre ce mécanisme, plusieurs organismes publient régulièrement des analyses sur la tension du marché locatif, notamment :


2. Un indicateur en baisse pour la première fois depuis six ans

En 2025, un fait inédit vient rompre cette dynamique continue de hausse.

Selon l’observatoire LocService 2026, l’indicateur de tension locative s’établit :

  • à 4,69 en 2025,

  • contre 4,8 en 2024.

👉 Il s’agit de la première baisse enregistrée depuis six ans.

À première vue, l’écart peut sembler faible. Une variation de 0,11 point peut paraître marginale, surtout pour un indicateur aussi élevé. Pourtant, dans un marché qui fonctionnait jusqu’ici en pénurie quasi permanente, cette inflexion est loin d’être anodine.

Elle marque un changement de dynamique. Jusqu’en 2024, la tension locative augmentait mécaniquement chaque année, presque indépendamment du contexte économique. En 2025, ce mécanisme automatique s’interrompt.

Il est important de bien interpréter ce chiffre.
Cette baisse ne signifie pas que le marché locatif devient fluide ou confortable partout en France. Dans de nombreuses villes, la concurrence entre locataires reste très forte, notamment sur les petites surfaces.

En revanche, ce chiffre indique une chose nouvelle :
👉 la pression n’augmente plus systématiquement.

Autrement dit :

  • certains segments du marché commencent à se détendre,

  • certaines typologies de logements trouvent preneur un peu moins rapidement,

  • les marges de négociation restent faibles, mais réapparaissent ponctuellement.

Pour les investisseurs particuliers, cette évolution est essentielle à comprendre. Elle signifie que le marché locatif n’est plus uniformément tendu. Le risque locatif devient plus différencié selon la localisation, la surface et le type de bien, ce qui rend l’analyse préalable encore plus importante qu’auparavant.

Source principale :
Observatoire LocService 2026 (https://www.locservice.fr)

Sources complémentaires :
Insee – marché du logement (https://www.insee.fr)
Banque de France – conjoncture immobilière (https://www.banque-france.fr)


3. Pourquoi cette détente ne vient pas de nouveaux logements

Il serait tentant de penser que cette baisse est liée à un retour de l’offre.
Ce n’est pas le cas.

En réalité, le nombre de logements disponibles à la location reste très limité.

Plusieurs facteurs continuent de peser lourdement sur le marché :

  • la construction de logements neufs est en fort recul depuis 2022,

  • les coûts de construction restent élevés,

  • les conditions de crédit sont plus strictes qu’avant,

  • certains logements énergivores sont retirés du marché locatif.

👉 Autrement dit, il n’y a pas plus de logements qu’avant.
La détente observée vient donc d’ailleurs.

Source : Ministère de la Transition écologique – Logement (https://www.ecologie.gouv.fr)


4. Loyers : une stabilisation inédite en 2025

Le véritable changement se situe du côté des loyers.

En 2025 :

  • les loyers augmentent en moyenne de +0,6 % sur l’ensemble du territoire,

  • une hausse inférieure à l’inflation,

  • avec même une légère baisse hors Île-de-France.

Après plusieurs années de fortes augmentations, cette stabilisation constitue un signal important.

Cela signifie que, dans certaines zones et pour certains types de logements, les propriétaires ne peuvent plus augmenter les loyers aussi facilement qu’avant, sans risquer de perdre des candidats.


5. Le rôle clé du retour à l’accession à la propriété

La principale explication de cette détente est macroéconomique.

Depuis 2025, on observe un retour progressif de l’accession à la propriété :

  • les taux d’intérêt ont reculé par rapport à leur pic de 2023,

  • certains ménages redevenus solvables ont pu acheter,

  • notamment des couples et des familles.

Ces ménages occupaient souvent des T3 ou T4 en location.
En quittant le marché locatif pour acheter, ils libèrent une partie de l’offre.

👉 Cela explique pourquoi la détente concerne surtout les logements familiaux, et beaucoup moins les petites surfaces.

Source : Banque de France – crédits immobiliers (https://www.banque-france.fr)


6. Un marché locatif devenu très segmenté

Aujourd’hui, le marché locatif ne fonctionne plus de manière homogène.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes :

  • budget moyen déclaré par les candidats : 821 € par mois,

  • loyer moyen réellement constaté : 715 € charges comprises.

Avec ce budget, un locataire peut espérer :

  • 18 m² à Paris,

  • 35 m² à Lyon ou Bordeaux,

  • 38 m² à Lille, Nantes ou Marseille.

👉 Résultat : la demande se concentre massivement sur les petites surfaces.


7. Pourquoi les petites surfaces restent sous forte pression

La répartition des logements loués est très révélatrice :

  • 37 % sont des studios ou T1,

  • 26 % sont des T2,

  • les grandes surfaces représentent une part minoritaire.

Les étudiants et jeunes actifs représentent 36 % des candidats à la location.
Ils recherchent avant tout :

  • des loyers maîtrisés,

  • de la mobilité,

  • des logements rapidement disponibles.

👉 Ce sont précisément les petites surfaces qui répondent à ces attentes, ce qui explique pourquoi la tension reste très forte sur ce segment.


8. Location meublée : devenue majoritaire en France

Autre évolution majeure du marché :

  • 58 % des logements loués sont aujourd’hui meublés,

  • contre 38 % avant la crise sanitaire.

Ce basculement s’explique par :

  • la mobilité croissante des locataires,

  • la recherche de flexibilité,

  • la forte demande sur les petites surfaces,

  • et, jusqu’ici, une fiscalité plus favorable.

La location meublée s’est imposée comme le format dominant du marché locatif privé.


9. Des écarts énormes selon les villes

Malgré la légère détente nationale, les écarts territoriaux restent très marqués.

Repères moyens :

  • Studio / une pièce : 473 € pour 14 m²,

  • T1 : 565 € pour 23 m²,

  • T2 : 750 € pour 42 m².

À Paris :

  • 978 € en moyenne pour 36 m²,

  • soit près de 170 % de plus que la moyenne provinciale.

L’Île-de-France concentre à elle seule près d’un tiers de la demande locative nationale.


10. Ce que cela change concrètement pour un particulier qui veut investir

La baisse de la tension locative ne signifie pas que louer devient risqué partout.
Elle signifie surtout que le risque locatif dépend désormais beaucoup plus du bien choisi.

En 2025 :

  • certains logements restent loués en quelques jours,

  • d’autres nécessitent des ajustements de loyer,

  • le type de surface, la localisation et le mode de location sont déterminants.

👉 Investir sans analyser précisément son projet devient plus risqué qu’avant.


11. Conclusion pédagogique

La baisse de la tension locative en 2025 n’est ni un retournement de marché, ni une crise du locatif.
C’est une recomposition.

Le marché reste tendu, mais il n’est plus uniforme.
Les petites surfaces bien situées restent très demandées.
Les logements familiaux connaissent une détente relative.

Pour un particulier, la clé n’est plus d’investir vite, mais d’investir juste.


12. FAQ – Tension locative et investissement immobilier

La tension locative baisse-t-elle partout en France ?
Non. Elle baisse en moyenne, mais reste très élevée dans certaines villes et sur les petites surfaces.

Est-ce une mauvaise nouvelle pour investir ?
Non, mais cela impose d’être plus précis dans le choix du bien.

Quels logements restent les plus recherchés ?
Les studios, T1 et T2 bien situés, souvent en location meublée.

Comment limiter le risque locatif ?
En analysant les loyers, la demande locale et en simulant son projet avant d’acheter.


13. Simuler son projet

Avant d’investir, il est essentiel de tester son projet dans des conditions réalistes.
Sur Verif-Invest, vous pouvez simuler un investissement immobilier et mesurer l’impact réel du loyer, du financement et du type de bien sur votre budget.

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